Libertat ! propose la traduction d’un texte du Mouvement de Défense de la Terre (MDT) organisation politique historique de la gauche indépendantiste dans les Pays Catalans. Libertat ! rejoins la position des camarades catalans sur la nécessité de faire aboutir le processus indépendantiste dans la Généralitat pour plusieurs raisons :

L’autodétermination est pour nous un droit essentiel dans notre combat pour le socialisme et la liberté. Le peuple Catalan désire plus que tout aujourd’hui la séparation de l’Etat espagnol. En tant que révolutionnaire nous nous mettrons toujours du côté du peuple, prêt à prendre en compte et à affronter toutes les contradictions que cela entrainent.

Comme nous le disions sur le référendum Ecossais (ici), une séparation d’un territoire aussi important pour un Etat comme la monarchie espagnole signifie un affaiblissement durable de l’impérialisme. De plus cela signifie pour cet Etat continuateur de la dictature franquiste l’enclenchement d’un processus de séparation de toutes ses périphéries principales (Pays basque et Galiza) et la fin, à n’en pas douter, de la Monarchie des Bourbons. Il est évident qu’un tel mouvement, d’ors et déjà, provoque de sérieux remous dans les classes dominantes, l’arrogance avec la quelle Madrid traite la question ressemble plus à une débâcle qu’a une politique réfléchie.

 

Nous ne sommes pas dupes et le MDT non plus, le potentiel rupturiste d’un tel mouvement ne peut apparaître qu’avec la participation des classes populaires. Il y a une contradiction intéressante du fait qu’une partie de la bourgeoisie veut l’indépendance mais qu’elle sait qu’elle ne pourra l’obtenir que sans une participation massive du peuple, dans ce cas elle se retrouverait en position de devoir quelque chose et donc dans une position de faiblesse. La classe bourgeoise catalane le sait et le risque est grand d’une renégociation du statut d’autonomie avec le centre Madrilène. Surtout qu’elle veut à tout prix garder un cadre légal à la Consultation, la bourgeoisie n’étant plus révolutionnaire elle ne peut se permettre de violer la légalité. Un tel acte serait suicidaire sachant que tout l’appareil d’Etat tiens sur le respect de légalité. Plus, donc, la classe ouvrière et les classes populaires s’engageront  dans la lutte, moins la bourgeoisie pourra négocier et plus l’indépendance gagnera un contenu social.

En tant qu’occitan et connaissant les liens historiques que nous avons avec les Pays Catalans l’indépendance ne peut être que bénéfique pour notre cause. Surtout que la Val d’Aran  territoire de la Generalitat fait partie de l’Occitanie, les Aranès pourrons demander légitiment le droit à l’autodétermination et faire de ce nouvel état le premier Etat occitan libéré. Mais tout cela ne pourra se passer sans l’apparition d’un mouvement politique conséquent en Occitanie.

En conclusion de cette introduction, l’indépendance de la Generalitat ne peut être que positive en inaugurant le démantèlement d’un des piliers européens de l’impérialisme. Une mobilisation massive des classes populaires entraineraient une grande effervescence politique dans ce nouvel état indépendant.

Cela annoncerait la fin de la période de Transicion qui s’était ouvert avec les statuts d’autonomies, parade trouvé par les classes dirigeantes espagnolistes pour garder l’Etat franquiste et parer au danger de révolution sociale et du séparatisme. Cela commencerait à régler une des contradictions majeures de la péninsule ibérique.

Quoi qu’il en soit nous espérons que le peuple catalan e occitan pousseront jusqu’à la sécession effective avec ou sans référendum !

Bonne lecture !

Texte original ici

 

À l'heure actuelle nous n'avons pas besoin de discussions, mais d'agir. En bref, nous ne devons pas perdre même cinq minutes à discuter avec ceux qui n’ont pas encore essayé de comprendre le potentiel rupturiste du processus souverainiste dans la Principauté de Catalogne et son potentiel pour avancer vers une République socialiste des pays Catalan. L’Histoire jugera ceux qui ont voulu rester du côté du statu-quo et contribuer à faire que la sentence soit implacable.

Dans les prochaines semaines se livrera une des batailles les plus importantes pour la liberté de notre peuple et la  gauche indépendantiste doit savoir être à la hauteur de la circonstance historique.

Alors, que faire?

a) Il faut forcer la rupture, en luttant au côté du peuple organisé, pour la réalisation du referendum indépendantiste le 9 novembre. Toute tentative visant à retarder ou remplacer  la volonté populaire exprimée directement par les manigances administratives et électorales sera une tentative de trahir le processus et de préparer un nouveau pacte entre les élites.


Dans ce sens, il nous faut donner tout notre support aux actions de mobilisations et de désobéissance civile promus par la chartre Référendum 9N et des collectifs en son sein.

b) Il faut gagner le référendum et intégrer la question sociale dans le projet d’indépendance. Ne vous méprenez pas. Voter ce n’est pas gagné l'Ecosse en est la preuve. Il est cependant, l’unique chemin pour la victoire, mais il ne sera possible de surmonter le fardeau du conservatisme qu’avec la participation de la majorité des classes populaires catalanes au projet indépendantiste.


Nous avons donc deux principales lignes d'action:

- La promotion et la participation active à la campagne «Esquerres pel Sí Sí » travaillant pour le lier l'indépendance à la radicalité démocratique et la justice sociale.

- Soutenir tous les types d'activités qui aident  à faire accoucher le projet d’indépendance dans chaque quartier et dans chaque ville, en appuyant le réseau des bénévoles du 9N impulsé par l'ANC. Faire du porte-à-porte pour combattre le discours de peur et la résignation, et promouvoir les actions de sensibilisation de Súmate.

c) Nous devons travailler pour les Pays Catalans en posant le Droit de Décider  au centre du débat politique dans notre territoire national. Le processus qui a commencé dans la Principauté représente une opportunité d’unir les forces de gauche réellement démocratiques et rupturistes des différents territoires de la nation catalane en appelant à l'exercice de l'autodétermination. Nous devons lier se processus à l’idée de dépassement du régime monarchique, corrompu, capitaliste et anti -démocratique espagnole.

Seul le droit à décider peut donner une sortie et une solution politique aux différentes manifestations politiques et sociales demandant la fin du régime franquiste de la transaction.

Encourageons donc, la mobilisation, l'organisation et la politisation à la fois par le biais de la Plate-forme Droit à Décider des pays Valenciens, comme les assemblées souverainistes des îles (Baléares).

Nous sommes prêtsmaintenant c’est l’heure!

Visca la Terra!