Nous vivons une période d’accélération historique, où les cours des choses semblent s’emballer, dans le sens inverse du progrès. C’est directement le résultat de la seconde crise historique du capitalisme commencé dans les années 70 et de la défaite de la première vague Révolutionnaire (1917-1980). Cette seconde crise de surproduction de capitaux, c’est-à-dire une crise où il y a plus d’argent crée que ne peut en absorbé le Marché mondial, lui-même étant déjà saturé, provoque inévitablement la guerre et le chaos. Cette crise marque les limites historiques du système capitaliste mais pas sa fin. En effet pour cela il faut une action subjective consciente, un mouvement révolutionnaire.

La première crise de surproduction avait été réglée dans l’extermination industrielle de l’humanité lors des deux guerres mondiales impérialistes mais avait surtout pour nous révolutionnaire entraîné la première révolution prolétarienne de l’histoire, la révolution russe d’octobre 17.

 

Car sortir d’une telle crise ne passe que par deux chemins : soit la révolution sociale détruisant le capitalisme soit la guerre impérialiste. Aujourd’hui c’est la seconde solution qui est à l’œuvre dans le monde, d’où ce chaos guerrier. Pour se survivre, le capitalisme a besoin -comme nous l’avons dit - de nouveaux marchés où il peut investir. La planète étant limitée et déjà totalement dominée par ce système, il faut en créer. De plus les capitalistes eux-mêmes sont divisés et s’affrontent. Il y a globalement d’un côté le bloc historique dominé par les USA et ses alliés (Etat Français, Allemagne (globalement l’UE), Israël, Japon) et de l’autre un bloc d’Etats qui tentent d’émerger (Chine, Russie). Mais localement nous avons, aussi, des impérialismes régionaux liés à tel ou tel bloc tentant, eux aussi, d’émerger. Le Moyen-Orient, aujourd’hui, est au centre de ce processus de re-colonisation mondiale. Turquie, et Arabie saoudite liés aux USA, mais menant leurs politiques propres, Syrie et Iran lié à l’autre bloc pour ne citer qu’eux.

 

 

Les guerres incessantes menées dans cette zone depuis 30 ans pour le contrôle du pétrole ont détruit des états stables et précipité des sociétés entières dans la mort et le chaos. Cyniquement les impérialistes ont armé au nom de la démocratie les pires ennemis des peuples et crée les conditions pour qu’apparaissent l’EI (L’Etat Islamique), un mix ou se mêle les pires choses du nihilisme capitaliste. L’EI, fait en condensé et en beaucoup plus rapide, ce qu’on fait les européens depuis 500 ans dans leurs colonies : accumulation brutale de richesse, en génocidant si besoin est, au nom d’une religion se proclamant infaible.

 

Mais même dans le pire des brouillards il y a toujours une lumière qui maintient l’espoir et annihile la fatalité. Cette flamme est aujourd’hui portée par les peuples du Kurdistan dans l’ex-Etat syrien ; la zone du Rojavayê Kurdistanê. Cette flamme aujourd’hui porte un nom, Kobanê et a un visage, celui de femmes luttant pour leur liberté, pour leur intégrité physiques et psychologique. Et si Ghandi avait dit en son temps qu’on reconnaissait le degré de civilisation d’un peuple à la manière dont ils traitent ses animaux, nous révolutionnaire, nous savons que le niveau d’une lutte se mesure à la place qu’occupe la femme dans celle-ci.

 

Les Kurdes qui ont toujours été lésés par les Etats créés par les puissances impérialistes au XXe siècle sur la dépouille fumante de l’Empire ottoman mènent un combat historique pour l’autodétermination. Ce peuple qui a toujours vu ses droits à l’existence niés par ces mêmes états ont décidé d’utiliser le vide d’autorité central pour mener leur propre politique. Depuis le début de la guerre civile en Syrie les Kurdes et les autres peuples de la zone ont mis en place une nouvelle politique, refusant le camp du gouvernement de Damas et celui des rebelles, préférant construire leur autonomie. Les Kurdes sont un peuple avec un haut degré de conscience politique et ils savent que l’EI ne leur fera pas de cadeau, étant des mauvais musulmans, voir des infidèles laïcs et laissant une place bien trop large à la femme, et de plus défendant la pluralité ethnique et religieuse.

 

  La bataille de Kobanê est un moment historique: l’EI rencontre son parfait paradigme, dans une femme laïque et armée combattant pour sa dignité et celle de son peuple. Malheureusement aucune puissance n’a intérêt à voir émerger un Kurdistan indépendant et surtout pas la Turquie et sa politique néo-ottomane qui a des vues impérialistes sur la région. C’est pour cela que l’armée turque (seconde armée de l’Otan) interdit le passage de l’aide des Kurdes de Turquie à leur frère et que la coalition menée par les USA donne l’impression de tout sauf de bombarder. L’hypocrisie et le cynisme sont à leur comble, le mirage des « bons » venus apporter la démocratie fini comme un pétard mouillée et marque la faillite de leurs politiques dans la zone. Les kurdes sont victimes de l’opportunisme des impérialistes, et des Turcs qui ne cessent de proclamer que l’EI et le PKK c’est du pareil au même. La mobilisation massive des Kurdes par le monde et notamment en Turquie, malgré une féroce répression, où ils sont une minorité conséquente peut changer la donne. Notre soutien est nécessaire et urgent, les Kurdes et les minorités, par leur politique sociale allant à contre-courant de ce qui se passe dans la région est une nécessité. La Turquie doit stopper la répression contre les Kurdes et laisser parvenir l’aide de leurs frères et soeurs aux combattants de l’YPG et YPJ1.

 



 

VIVE LA GLORIEUSE RESISTANCE DES PEUPLES DU KURDISTAN !

 

VIVE LES FEMMES DE KOBANÊ !

 

A BAS l’IMPERIALISME !

 

1 Unités de défense du peuple (YPG) et des femmes (YPJ)