Quelques points sur les attentats, le terrorisme et l’unité nationale.

 

Nous avons volontairement laissé retomber l’émotion après les sanglants attentats contre Charlie hebdo et la prise d’otage de l’hyper casher. Les réactions à chaud en politique sont toujours difficiles, surtout qu’elles peuvent être mal interprétées.

 

Malgré la violence des attaques et les manifestations qui ont suivi, nous pensons qu’il est important d’essayer de dépasser certaines analyses qui nous semblent dangereuses.

 

 

Nous allons sûrement évoquer des évidences mais pas que. Derrière des concepts, comme  « l’unité nationale », la « nation française », la « République », la « liberté d’expression », le « terrorisme », la « guerre de civilisation », la « démocratie », se camoufle un dispositif massif de contrôle déjà là mais qui ne fait que s’affirmer.

 

Nous commençons donc par quelques lieux communs.

 

Rappelons que les terroristes (à Charlie Hebdo, à l’Hypercasher comme à Tolosa) étaient de nationalité  française, ils avaient été éduqués dans les écoles de la République, ils étaient aussi passés dans les prisons de la République.

 

Rappelons qu’on ne nait pas terroriste mais qu’on le devient.

 

Avant de réagir nous devons, avant tout, nous poser plusieurs questions sur ces affaires :

 

"Quelles situations politiques et sociales poussent des hommes à choisir d’assassiner de manière consciente (car n’étant pas malade psychologiquement) d’autres personnes ?

 

Quelles sont les conséquences réelles que ses attentats vont induire chez les gens engagés dans une politique d’opposition à ce système ou faisant partie des minorités nationales et culturelles dans l’Etat français".

 

 

 

Nous voulons d’abord partir de deux réalités que le système politico-militaire nommé France provoque dans le monde et sur son propre territoire.

 

PREMIEREMENT

 

L’Etat français depuis 1945 a été engagé militairement dans 309 Opérations Extérieures, dont  une quarantaine en Afrique, c’est-à-dire des interventions militaires sous divers prétextes. Outre les guerres de décolonisation comme l’Indochine, le Cameroun ou l’Algérie voilà un échantillon de ces  « OPEX »:

 

 

 

    1968-1972 Tchad : contre la rébellion du Tibesti (Pompidou)

    1977 Mauritanie : contre le Front Polisario (Giscard d’Estaing)

    1978 Zaïre : opération à Kolwesi (Giscard d’Estaing)

    1979-1981 Centrafrique : destitution de Bokassa (Giscard d’Estaing)

    1983-1984 Tchad : opération Manta contre la Libye (Mitterrand)

    1985 Tchad : bombardement des soldats Libyens (Mitterrand)

    1990 Irak.

    1990-1995 Rwanda : opération Turquoise (Mitterrand et gouvernements Bérégovoy puis Balladur)

    1997 Congo-Brazzaville : contre le Nigeria (Chirac-Jospin)

    2002- 2011 Côte d’Ivoire : Opération Licorne, chute de Laurent Gbagbo (Chirac puis Sarkozy)

    2011 Libye : chute de Khadafi (Sarkozy)

    2013 Mali : opération Serval (Hollande)

    2013 Centrafrique : opération Sangaris (Hollande)

 

Les deux guerres en Irak ont provoqué la mort de centaines de milliers de personnes, rien que l’embargo après 1991 a tué entre 500000 et 1 millions d’enfants. L’opération Harmattan en Lybie a tué au moins 60000 personnes. Ces conflits ont entrainé des guerres civiles extrêmement violentes, détruit des pays stables, atisé les haines entre les différentes religions et ethnies. Difficile de faire plus machiavelique : Divide et impera.

 

La République a soutenu ouvertement des groupes islamistes en Syrie contre le régime de Bachar-al-Assad au nom de la démocratie.

 

Rappelons de plus que la République française appuie Israël systématiquement lors de ses nombreuses campagnes punitives contre les Palestiniens. Elle soutient la colonisation en continuant à commercer avec l’Etat hébreux.

 

Si nous regardons bien, la quasi-totalité de ces théâtres d’opérations se passent dans les pays musulmans, où se concentrent, aujourd’hui, la majorités des matières premières en explotations.

 

Alors,

 

 Peut-être que pour légitimer des massacres, la destruction de pays, la mort de millions d’enfants, de femmes et des hommes, il faut qu’ils soient des ennemies acceptables. Dire, nous détruisons l’Irak, par exemple, pour voler le pétrole qui appartient aux Irakiens aurait du mal à être accepté, alors que, proclamer que Saddam était un horrible dictateur terroriste et que nous devons au nom de la démocratie le virer, c’est sûrement mieux. De même qu’affirmer que l’Afghanistan est un nid à terroriste qu’il faut nettoyer, passe mieux qu’avouer que nous avons besoin de contrôler ce lieu stratégique pour faire passer des pipelines et contrôler la Russie et la Chine.

 

 Peut-être aussi que quand on détruit des pays, des vies, on crée des conditions à l’apparition d’extrémismes... Peut-être qu’il est plus facile de voir que ce n’est pas un problème de croyance religieuse mais bien un problème bien plus terre-à-terre : une sordide histoire de profit. Peut-être que si les armées françaises restaient dans leurs casernes, ports, et aéroports, il y aurait moins de chaos, de destruction et moins de terroristes.

 

En fin de compte la tuerie de Tolosa ou de Charlie hebdo et du supermarché casher est l’irruption de l’immense barbarie que crée chaque bombe de 400 kg jetées sur ces peuples. C’est bien peu pour nous rappeler ce que font les forces armées du ministère de la Défense (des intérêts capitalistes) de la République française.

 

DEUXIEMENT

 

Les trois terroristes avaient des origines Africaines, ils faisaient partie du prolétariat métropolitain qui se concentre dans les banlieues des grandes villes d’hexagone. Ils ont subi le chômage de masse (40 % des gens de ces zones), la violence des prisons, l’exclusion sociale, le racisme insidieux en tant que noir et arabe.

 

Le quotidien, en fin de compte, de millions d’hommes et de femmes dans le pays des Lumières.

 

 Ils sont venus rappeler aux blancs des classes moyennes que tôt ou tard la République devra rendre des comptes sur la barbarie que déchaine l’armée française hors de ses frontières. Ils sont aussi venus spectaculairement rappeler que la misère entraine la haine et la violence.

 

Questions :

 

"Peut-être que si on donnait à chaque femme et homme dans ce pays un travail digne et socialement utile il y aurait moins de violence ? Peut-être que si on acceptait ces minorités comme composantes entières de ce territoire avec leurs cultures propres, il y aurait beaucoup moins de violence et de tentation à l’intégrisme ? Peut-être que si les politiciens arrêtaient de se servir du faux prétexte de l’islamisation pour diviser les classes populaires tout s’arrangerait ? Peut-être, en fin de compte, que la défense de la laïcité et de la liberté d’expression, dans cette république, n’est que l’actualisation du bon vieux subterfuge de l’"ennemi intérieur" pour faire accepter le fascisme au peuple ?

 

Mais tous ces « peut-être » issus du simple bon sens se heurtent à la réalité de la République française, Etat au service des monopoles impérialistes. Cela se heurte à une vision raciste de l’occident basé sur la supposée supériorité du modèle de la démocratie bourgeoise et de son système économique : le capitalisme.

 

Il faut comprendre que comparer une religion majoritaire chez plusieurs minorités nationales faisant de plus parties des classes les plus exploitées de la population, avec une religion des dominants, est un nom sens. Non, l’islam ce n’est pas le christianisme en France. Cela ne signifie pas qu’il faut défendre les valeurs de l’Islam ou soutenir son développement, mais plutôt saisir que dire que Charlie Hebdo était contre toutes les religions est un non-sens. C’est la même chose que si Charlie Hebdo avait fait des caricatures sur les Juifs en 1933 en Allemagne, ou sur les chrétiens en Irak aujourd’hui.

 

Combien d’élus musulmans à l’Assemblée nationale ? Combien de partis politiques musulmans ? Les musulmans sont 6 à 8 millions en hexagone, rappelons-le. Combien de Catholiques, protestants, juifs ou athées ?

 

L’intégrisme Islamique est tellement pratique pour la classe dominante et la petite bourgeoisie car en fin de compte il vaut mieux des "fous de dieux" que des "révolutionnaires à la Black Panther" ! Leur plus grande peur c’est que les minorités arabes et africaines et les prolétaires hexagonaux en général s’unissent et luttent pour la Révolution sociale.

 

Non, l’Islam n’est pas un risque pour notre société, non, les intégristes religieux ne font pas courir de danger à nos libertés, tout simplement parce qu’il ne peuvent prendre le pouvoir. Penser cela, c’est au mieux-être de mauvaise foi ou rien comprendre, ou pire un raciste de base.

 

C’est aujourd’hui l’Etat et la bourgeoisie, eux seuls, qui sont un danger pour nos libertés. C’est la bourgeoisie qui vote les lois liberticides au nom de la préservation de nos libertés.. L’hypocrisie est à son comble.

 

Les Cocus de cette affaire vont être les gens progressistes qui sont descendus sincèrement dans la rue, qui ont été violemment touchés par ces actes de barbaries. On se sert déjà de leur légitime effroi et de la défense de valeurs sincères pour imposer à pas feutrés le fascisme.

 

Car derrière Unité Nationale c’est l’ombre du fascisme qui plane, car elle induit la nécessité de dépasser les contradictions classistes.  Une unité face à une guerre qui n’existe pas est créée. Grâce à cela, ils nous mobilisent pour les futures guerres impérialistes au nom de la défense de nos libertés. Qui osera après s’opposer à l’envoi de troupes dans un quelconque pays abritant des terroristes ? Qui osera encore s’opposer à des frappes "salutaires" sur des sites terroristes ? Ils sont partis pour tout nous faire accepter. La peur fait des miracles.

 

Alors nous disons aux progressistes ne tombez pas dans ce piège, si vous voulez qu’il n’y ait plus d’histoire à la Charlie Hebdo, il va falloir qu’il n’y ai plus d’impérialisme, ni de racisme.

 

ET pour cela il faut une révolution socialiste.

 

Nous luttons exactement pour çà, pour une Occitanie libre, socialiste et multiculturelle. La majorité des Occitans, des Africanoccitans et des minorités en générales ont tout à gagner à se joindre à notre révolution en marche.

 

Notre Révolution se peint avec des couleurs différentes et s’écrit en Occitan  mais aussi, en Français, en Arabe, en Tamazirt, en portugais, en manouche etc.